Une personne reçoit ce diagnostic, cancer. Ça arrive très souvent et semble être le mal de notre société contemporaine. Il est étonnant de voir la réaction des gens autour de moi face a cette annonce.
Certains pleurent…
-Mais non ce n’est pas la fin, c’est le début d’une aventure pas vraiment amusante, et comme tout aventure sa conclusion est interrogative.
Certains se disent que c’est la cause d’une chose ou une autre.
-...?
Certains pensent pouvoir prendre la place de ce chef malade.
-...!
Moi j’admire que ce chef nous l’annonce comme ça, nous rassurant et nous expliquant ses étapes.
Je l’admire alors je lui dit, que j’y suis passée aussi, discrètement, un mail qui pourrait toujours être perdu égaré, si ce chef préfère l’oublier.
Et pour la première fois, je n’ai pas en face de moi quelqu’un qui maîtrise tout, quelqu’un qui peut impressionner une audience en un instant, quelqu’un qui est intraitable et dure en affaire, j’ai une personne, ses questions, ses peurs, son regard qui me semble pour la première fois totalement vrai. Je lui demande si ses enfants ont quelqu’un a qui parler. C’est la première fois qu’on lui fait remarquer que les personnes de la famille vont avoir besoin de beaucoup de soutient.
Je lui suggère de raser tous ces cheveux des que ça commence a tomber, lui disant le bonheur de sentir les gouttes d’eau ruisseler sur le crane.
Je m’interroge sur le déroulement de son traitement, si les chimios se font a la maison, combien de temps, leur fréquence, a t’elle une chambre sous cutanée, recevra t’elle des rayons?
Je lui sourie en lui disant que les concours du nombre de vomis par cure sera a prendre en rigolant, c’est bon signe de se débarrasser des toxines.
Je parle, je lui raconte, pour ma part c’etait il y a si longtemps que ce n’est presque plus d’actualite.
Je parle et le téléphone sonne, je m’eclipse, le business est de retour.
En revenant a ma place je repense au vécu, pas le passé… le vécu. Pas les étapes de ma vie qui m’ont fait devenir moi mais les souvenirs. Sur internet je retrouve une vidéo d’un stage d’A Chacun son Everest. La vidéo n’est pas de très bonne qualité mais ce sont les images d’un des nombreux stages que j’ai fait avec l’association, en 2000 il me semble. Parfois je l’oublie, parfois ça reviens, et ça ne reviens pas dans mon présent que pour la peur ou de mauvais souvenirs, parfois ça reviens pour aider quelqu’un.
Ça fait du bien…
En janvier je commence un mi-temps, ça me laissera plus de temps pour moi, et si j’y arrive (la langue, les opportunités, les contacts…) peut être aussi plus de temps pour aider…
J’aimerai bien!
Une semaine avant Noël, en revenant de ma pose déjeuner, un petit paquet discret était place sur mon bureau, un petit paquet isole, aucun autre petit paquet visible sur les autres tables…
Un petit cadeau sans prétention mais plein d’attention, de ma chef.